Pour illustrer le sujet sur le burnout ,je vais vous raconter l’histoire d’une de mes collègues .Elle s’appelait Jocelyne .J’appréciais vraiment travailler avec elle .C’était la première de mes collègues que j’avais rencontré dans le service .Son sourire, comment pourrais je vous le traduire avec des mots tellement il est évocateur de douceur et de bonté. Sa manière d’être et cette joie de vivre à travers le métier d’aide soignante m’a instantanément plu.Certains s’émerveillent face à un tableau mais professionnellement je repeignais ma Joconde grâce à Jocelyne.
Elle était de la génération des clodettes mais il y avait un feeling strictement professionnel très fort entre nous deux.
Je m’étonnais de l’énergie qui émanait d’elle et je l’admirai en secret pour les relations qu’elle arrivait à nouer avec les patients .Je n’insinue pas que j’étais nul ou inopérant en service mais il y a des personnes qui ont ce don inné que d’autres n’ont pas.
Les patients derrière son dos avaient tout le temps une remarque sympathique.
Certains revenaient dans le service pour lui apporter des présents comme des chocolats ou la galette des rois et bien d’autres friandises .Elle faisait toujours passer le cadeaux pour une récompense collective et rejetait d’un bloc avec la plus grande modestie le dur travaille qu’elle avait effectuer pour remonter le moral de ce patient lambda.
Personnellement je savais que son sempiternel engagement et son caractère têtu, ce qui n’était pas un défaut en soi dans le métier y était pour beaucoup.
Puis un jour, toute cette énergie et l’âge se faisant sentir elle tomba malade.Il fallait qu’elle se soigne pendant un temps.
Après tout, ne dit on pas que le mal de dos est « le mal du siècle » bien qu’il y ait concurrence avec les TMS.Le travail d’aide soignant est tellement physique et malgré l’art de la manutention l’on ne peut y réchapper.
Le mois d’après elle était de retour .Je n’étais pas présent le jour même de son retour dans le service mais apparemment la symbiose du groupe n’était plus la même.
Jocelyne est venue me voir et m’a dit que la cadre avait dit à l’équipe que « son mal de dos n’était pas très grave et qu’elle aurait très bien pu continuer de travailler au lieu d’abandonner ses collègues qui ont souffert pendant son absence ».
Je sais que la cadre pouvait être stricte sur certains points mais je trouvais le propos exagéré.
D’ailleurs je m’étonnais que cette conversation n’avait pas eu lieu en ma présence .Peut être étais-je trop proche de Jocelyne.
Je désamorçais la situation en disant à Jocelyne que ce n’était pas une remarque intelligente et que l’équipe même si d’un coup de sang par l’usure dû à la fatigue n’avait pas réfléchit à leur affirmation mesquine, l’on ne pouvait rien lui reprocher après tant d’années de service.
C’est à ce moment là où je fis la plus grosse des bêtises .Mon conseil mièvre et candide n’avait pas évaluer l’ampleur du complot qui se montait .
Les jeunes Ides comme une meute n’avaient pas du tout la même perception et sûrement les ordres de la cadre étaient stricte .Il fallait encadrer la « pseudo malade » et « sa fumisterie » pour que cela ne se reproduise plus.Un mois, c’est ce qu’il a fallut pour que la confiance ne soit plus de mise pour Jocelyne.
Je dois dire que s’était la première fois que je voyais une Ide qui avait été formé aux soins de nursing par Jocelyne fut un temps lors de ses stages en tant qu’Esi venir critiquer son travaille qui était irréprochable jusque là .
Je dois dire que je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite .Je m’occupais de mon secteur .Le travaille d’aide soignant bien que perçu comme en équipe n’est qu’une utopie pour paperassard du ministère de la santé .D’ailleurs il faut savoir que l’aide soignant n’existe pas officiellement puisqu’il n’est présent que dans une ou deux lignes dans le décret de compétence infirmier
Au fur et mesure des jours, le sourire de Jocelyne se tarit .Elle ne restait plus avec l’équipe pendant la pose du matin .Elle continuait de travailler continuellement comme un hamster qui ferai tourner sa roue.
Je lui disais que ce n’était pas un comportement sain et qu’elle risquait de tomber malade pour de bon mais elle ne m’écoutait pas .Il fallait qu’elle vérifie si les patients n’avaient besoin de rien, qu’elle classe, qu’elle lave, range les changes dans l’armoire.
J’ai découvert par la suite qu’elle prenait des médicaments X quand ils sont tombés de sa poche lors du transfert d’un patient .Vu la teneur du médicament j’ai tout de site su qu’elle avait dû consulter quelqu’un pour l’aider .
Elle plus, j’avais remarqué qu’elle n’avait plus le même rapport avec les patients .Elle me dit qu’elle n’arrivait plus à aller de l’avant et qu’elle faisait ses tâches parfois avec dégoût.
Souvent elle essayait de s’accrocher à un ou deux patients dont elle avait l’impression d’être utile sur le moment pour continuer.
Elle m’a dit qu’elle se percevait comme « une boîte à outils usagée que l’on pouvait jeter à la casse ».
Apparemment elle se consumait de l’intérieur à petit feu.Jusqu’au jour où elle est vraiment tombé en morceaux .C’était encore le dos qui refaisait parler de lui.
Cette fois-ci il fallait qu’elle passe au bloc opératoire .Elle venaient de passer de l’autre côté de la barrière.
Aujourd’hui elle ne peut plus exercer le métier d’aide soignante. Elle fût mise à la retraite d’office.
Cette volonté de transformer les hôpitaux en prestataires de service où il faut faire des bénéfices engendre une immonde déshumanisation des équipes soignantes.
Finalement le burnout est une douleur psychique que le corps peut aussi matérialiser de diverses façons (cancers en tout genre, maladies mentales).
L’histoire de Jocelyne n’est qu’une histoire parmis tant d’autre pour vous mais elle m’a marqué à jamais et je voulais la partager avec tous ceux qui souffrent en silence et qui se font broyer à
leur insu par le système.
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j'avais découvert ce blog il y a qq temps, et j'ai pris plaisir a le lire. Cette histoire est trés marquante, mais malheureusement trés réaliste également. Je suis dans le milieu hospitalier également, a mi temps (l'autre a domicile ) et bien que je préfére être en milieu hospitalier, je remarque parfois qu'a domicile au moins, tu es certes seuls, avec les inconvéniets que ca comprend, mais tu es aussi peut être plus tranquille, tu as personne "derriere toi" ! a bientot et bon courrage a toi !
http://lapoussinette.unblog.fr
http://sousmonsourire.bloxode.com
Je viens de decouvrire ton blog. Cela fait du bien que quelqu'un parle de cette profession qu'est "Aide soignant". J'en fait partis. Et malheureusement a la vue de la société et des média nous sommes souvent dans l'ombre des Ide et des médecins. Et pourtant nous sommes en première ligne! nous partageons l'intimité des patients. Intimité physique lors des soins de "nursing" "d'hygiene" et intimité psychique car chaque personne viens avec ce qu'il est et son histoir. Nous nous faisons engueuler les premiers par des mecontentetement des patient eux même par les familles parfois. On prend sur nous pour donner le meilleur de nous en tous cas pour ceux qui ont leur metier dans les tripes. Nous cotoyons la tristesse la decheance humaine et la mort parfois. Nous formons des infirmiéres des Aide soignante en devenir.Même si nous avons parfois des moment agreable, des instant de franche rigolade avec les malade ou les colleges, nous restons dans l'ombre. Les medecin sont remercier de leur bon soin les Ide aussi, C'est vrai qu'on parle d'equipe soignante mais je trouve que trop souvent on oublie que l'aide soignante existe. Que sans nous les Hopitaux et clinique privée ou publique ne fonctionnerais pas correctement. Que la qualité des soins serais bien plus déplorable. A mes yeux nous sommes un corps de métier a part entière! Il serais temps que l'on parle de nous sans nous englober dans les infirmières. Il serais temps qu'au niveau de l'etats nous puissions être indépendant si nous le souhaitons. Il serais temps que notre travaille et notre dévouement sois reconnu comme telle et non comme celui des Ide et des medecins. Nous sommes des soldats de front de la santé. et le merite ne devrais pas aller ni au sergent ni au capitaine ni au general mais a ses soldat qui se battent tout les jours pour faire en sorte que le sejours des malades se passe dans les meilleurs conditions possible , qui poussent les patients a se retablire, et qui (je l'espere) donne du sourire et de la joie aux patients et a leur familles.
Vive les AS.
Je voulais juste te dire pour avoir parcouru ton blog que j'admire ta manière d'écrire. Bien que je ne crois pas en la "vocation" on sens tout de même que tu as ce métier "dans le sang". Et ca fait du bien :) En tous ca me donne du courage^^
J'espère que tu va continuer car encore une fois c'est un vrai plaisir de te lire^^
bonne continuation et a bientôt pour un nouveau com ;)
je suis aussi aide soignante! cette histoire que tu racontes est si réelle malheureusement! beau métier mais si dur quelquefois! j'ai quelques soucis de santé et j'avoue avoir peur de la suite mais bon... je garde ton blog et vais te lire avec plaisir . kiss
Je pense de plus en plus à arrêter mon job, et pourtant j'étais motivée. Une vocation!
Mais là, depuis un an, entre déprime et fracture du pied, mon corps parle!