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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 09:16
La lettre de démission d'une Aide Soignante

Elle crée une énorme onde de choc en publiant sa lettre de démission.

Cette courageuse femme quittait son travail en tant qu’aide soignante dans un Centre hospitalier en publiant sa lettre de démission sur les réseaux sociaux. Elle y explique explique la galère des aides soignantes et leurs détresses car effectivement les employés doivent remplir des tâches difficiles et surtout faire face à un environnement de travail peu reconnaissant. Voici sa lettre :

**************

Bonjour,


À qui de droit, (membres de la direction, gouvernement ou tout autre personne qui détient le pouvoir de faire évoluer les choses…)

Ça fait des jours que je cherche la bonne façon de décrire, d’expliquer, de m’exprimer, afin de mieux faire comprendre les raisons pour lesquelles j’ai démissionné de ma vocation de PAB. Si je pouvais résumer en une phrase, je dirais « Mon métier me détruit » autant physiquement que psychologiquement. Je ne cherche pas la pitié, je demande seulement un peu d’empathie, de l’écoute et de la reconnaissance, de la compréhension, mais surtout du soutien,,, le désir de vous faire réaliser… que je tente de sauver mes collègues ainsi que les patients des centres hospitaliers, et peut-être recevoir un peu de ce que j’ai tant donné… !

Pour commencer, avoir entre 12 et 16 patients pour une seule préposée…. C’est selon MON jugement, INHUMAIN! Comme j’aimerais vous faire visualiser !!!

D’abord, faisons une moyenne entre le minimum et le maximum de patients attribués à une préposée. Une journée typique où j’ai 14 patients. J’arrive à 7hrs am. Je dois distribuer le déjeuner à 8hrs am. Je dois évidemment lever tous les 14 patients au fauteuil (pour stimuler leur autonomie) en une heure, on se comprend là-dessus ?

J’aimerais savoir, combien de temps concédez-vous à une personne pour lever ces 14 patients en considérant qu’il y a en moyenne (sans exagérer):

-2 patients paralysés d’un côté.

-2 patientes très confuses qui ont jouées dans leurs culottes d’incontinence et ont faits des dégâts dans leurs lits, leurs mains, leurs visages… (Changements de lits urgents, on s’entend ???)

-2 patients très lourds qui souffrent au dos.

-2 patients branchés sur des pompes avec lunettes d’oxygène et sondes, bref remplis de fils !!!

-2 patients à qui l’on doit expliquer et réexpliquer les principes de la marchette (pour stimuler leur autonomie) et les installer dans un fauteuil gériatrique avec ceinture et tablette.

-1 patient à installer droit dans son lit, oreiller au dos, parce qu’il doit rester alité.

-2 patients qui sont faciles à mobiliser, mais qui refusent de se lever et deviennent agressifs.

-1 patient autonome. (La joie!)

Mais ce n’est pas tout. Pendant que l’on doit lever tous ces patients:

-6 d’entre eux ont besoin d’aller aux toilettes, se déplacer (pour stimuler leur autonomie) et les autres on doit, soit changer leurs culottes, soit les installer sur la bassine ou la chaise d’aisance.

En une heure, pensez-vous que c’est possible de BIEN faire tout ça ???

Je mets de l’importance sur le mot BIEN et je m’explique…

Je parle de « bien faire » dans le sens où :

-J’aime quand mes patients travaillent eux-mêmes le plus possible pour se mobiliser (ça stimule leur autonomie), mais je pourrais aussi les prendre par le dessous des bras et la culotte et tirer, en disant « Go on se lève » ça irait plus vite !!!

-J’aime aussi quand mes patients ont les parties génitales et les mains bien nettoyées lorsqu’ils vont à la toilette (c’est plus sain), mais je pourrais camoufler le tout avec une culotte d’incontinence neuve, sans laver leurs mains et personne n’en saurait rien, ça irait plus vite !!!

-J’aime aussi répondre aux cloches d’appels le plus efficacement possible. (Souvent les besoins des patients sont importants), mais je pourrais simplement éteindre la cloche d’appel sans répondre à la demande du patient, ça irait plus vite !!!

Bon, revenons au déjeuner. À chaque cabaret distribué, je leur installe un tablier et m’assure qu’ils aient les mains propres.

Sur les 14 cabarets distribués :

-9 d’entre eux ont besoin d’aide pour ouvrir tout leurs contenants.

-7 d’entre eux ne graissent pas leurs rôties et on les assiste le temps qu’ils le fassent seul avec consignes (pour stimuler leur autonomie).

-2 d’entre eux ne mangent pas seul.

Combien de temps allouez-vous à une personne pour nourrir deux êtres humains ???

Ensuite la PAB doit ramasser tous les cabarets, noter le pourcentage de la nourriture mangée par le patient et noter s’il y a lieu les dosages de liquide bu.

Maintenant, pour continuer dans les moyennes non exagérées…

-9 bains partiels ou complets doivent être faits (en moyenne, selon notre plan de travail).

-3 lits doivent être changés au complet (sans compter les imprévus).

Combien de temps accordez-vous pour BIEN faire ces tâches ???

Je m’explique encore sur le mot « BIEN »…

-J’aime nettoyer avec soins mes patients. Savonner, rincer, essuyer, crémer (ils le méritent), mais je pourrais aussi n’utiliser que le savon sans rinçage qui n’élimine pas les odeurs et qui ne sent rien et essuyer très rapidement en laissant de l’humidité, personne ne le saurait, ça irait plus vite !!!

-J’aime faire la barbe de mes patients. Ils sont âgés mais ont encore une fierté et j’ai l’impression qu’ils feel mieux (c’est sûrement psychologique de ma part). Je pourrais me dire, la barbe peut s’endurer encore 1 jour ou 2, les employés de demain le feront, ça irait plus vite !!!

(et je me le dis souvent, je n’ai pas le choix).

-J’aime quand mes patients propres se couchent dans un lit propre. Je pourrais tout simplement ne pas le faire quand le lit ne semble pas souillé, ça irait plus vite !!!

Ensuite arrive le temps du dîner. Je pourrais répéter le même paragraphe que celui du déjeuner (ça aurait plus d’impact), mais je vais m’abstenir en espérant que cette partie là, ait été bien comprise… ça va aller plus vite !!!

Pour faire plus court dans toutes les tâches que je n’ai pas encore mentionnées, je vais les ajouter ici… Notez bien qu’on termine notre chiffre de travail à 15hrs pm. En épargnant beaucoup de détails, puisque les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas…!

– La moitié des patients veulent se coucher après déjeuner, se relever pour diner, se recoucher après diner et parfois se relever encore. (Moyenne de 21 mobilisations en levée et couché).

– Presque tous vont à la toilette 3 fois par chiffre de jour (13×3=39), (Pour un patient autonome à ne pas oublier) !!!

Regardez bien, juste la dernière phrase entre parenthèse… 39 FOIS allés/retours des toilettes ou changements de culottes !

Combien de temps estimez-vous à quelqu’un pour faire cette tâche 39 fois ???

(N’oubliez pas d’ajouter à ça les 9 bains partiels ou pas, les 3 changements de lit et la liste qui suit…)

-3 patients doivent être préparés pour un examen. Ce qui s’avère être de nouvelles mobilisations.

-1 départ ou une admission de patient (qui inclut du temps de préparation).

-5 collations à distribuer aux personnes diabétiques (on ne les lance pas sur les tables. Ça indique ici d’installer le patient pour qu’il soit capable de manger ou de le nourrir s’il en est pas capable seul).

-Vider les poches souillées dans la chute à linge. (Moyenne 7 par jour, s’il n’y a pas de cas en isolation).

-Désinfecter tous les chariots de poches souillées

-Faire la tâche de la semaine (ex : laver le frigidaire appartenant à tout le personnel).

-Remplir les chariots de lingerie, de nettoyants, crèmes, culottes, etc.

-Ramasser les traîneries sur les tables des patients et désinfecter celles-ci.

-Chaque civière ou fauteuil roulant doit être désinfectés après utilisation.

-Sans oublier que l’on a en moyenne 1h15 min. de pause et dîner combinés.

Aussi, plusieurs imprévus arrivent au mauvais moment. En moyenne (j’aime faire une moyenne de mes 5 années d’expériences) 2 de cette liste arrivent au moins à tous les jours.

– Renversement de pichet d’eau.

– Vomissures.

– Dégâts de selles ou d’urine.

– Mauvais cabaret (doit se rendre à la cafétéria en chercher un autre).

-.Commission à faire pour infirmière (aller en stérilisation ou aller chercher commande au laboratoire).

-.Patients à risque de chute qui se lève seul trop souvent (surveillance étroite difficile à faire lorsqu’on est occupé à une autre tâche).

-.Faire marcher les patients, selon le tableau de recommandation du programme de mobilisation.

– Bonbonnes d’oxygène vides lorsqu’on en a besoin immédiatement.

– Patients en isolation (C difficile ou SARM) qui demande plus de temps de préparation.

– Réunion d’équipe à tous les matins (où souvent les préposées sont parfois trop occupées pour y assister, et ça ne semble pas toujours très important aux yeux d’une partie du reste du personnel que la préposée ne connaisse pas les problèmes de ses patients).

– Mettre le plan de travail à jour et signer les tâches faites.

– Nettoyage des bassines, bols de bain et autres équipements.

– Patient qui utilise la cloche d’appel régulièrement parce qu’il a chaud, froid, est mal installé, ça lui pique dans le dos, est inquiet, etc.

Vous adjugez combien de temps aux imprévus ???

Notez bien, que mes patients ont toujours été MA PRIORITÉ. Je sais aussi qu’ils m’appréciaient. Souvent je me suis fait remercier de ma douceur et ma délicatesse. J’aimais beaucoup le nouveau programme de mobilité (faire bouger les patients) en fixant des objectifs aux patients sur leur capacité de marcher, d’aller de plus en plus loin, ainsi que leurs AVQ. Mon but premier était de mettre du bonheur dans leur journée, ils en avaient besoin! De plus, j’ai quand même eu la chance de travailler avec des infirmières en or qui s’épuisaient aussi au travail parce qu’elles (ou ils) aidaient beaucoup à mobiliser les patients en plus de leurs tâches… et je les remercie! Par contre, avec tout l’ouvrage qui en découlait la majorité du temps, je dois avouer que j’étais plus qu’épuisée à la fin de la journée.

Maintenant, je tiens à mentionner un point important à mes yeux (qui concerne tout le monde). Le manque de solidarité entre « certains collègues » ou autres quarts de travail… Je précise ici un point important puisque j’en ai été affectée moi-même comme plusieurs, et je l’ai trop souvent remarqué pour ne pas le mentionner.

Avant de vous en faire part j’insiste sur une précision. Tous les points que j’ai dictés plus haut en parlant de ce que j’aime « bien faire » avec les patients, ont été faits de ma part avec tout mon coeur et toute mon énergie. J’ai toujours fait mes tâches du mieux que je pouvais en donnant mon 100%. Prenant soin des patients, je n’ai jamais eu cette école de pensée qui dit « Ça va aller plus vite »!

Mentionnons maintenant les remarques négatives (de certaines personnes) que j’appelle en autre terme « du bitchage » et qui peuvent nuire au rendement, à l’estime et à la confiance en soi et qui peuvent mener à l’épuisement à force de vouloir être parfaite pour satisfaire et plaire à tous…

J’ajouterai entre parenthèses ma remarque personnelle.

– Plainte d’une collègue du chiffre du soir que les plats de collations ne sont pas ramassés sur les tables des patients. (Dans le pire des cas, il y en a juste 5 qui traînent, alors en passant les verres d’eau avec ton chariot, tu peux facilement les ramasser non ?!!)

– Plainte d’une collègue du chiffre de soir sur le fait que les draps du fauteuil patient n’ont pas été changés en même temps que le lit. (Quand je change le lit du patient, souvent le patient est assis sur son fauteuil, je ne peux donc pas changer le drap du fauteuil. Plus tard, je manque souvent de temps. Mais toi tu peux! À 10hrs le soir quand tous les patients sont couchés!!! Et si tu n’as pas le temps…. Je ne te jugerai pas) wink emoticon

– Plainte d’une collègue du chiffre de soir que les culottes n’ont pas été changées pendant la dernière tournée. (Si je commence ma dernière tournée de culottes à 14hrs et que toi tu passes à 15h30, il est fort possible que tu trouves une ou deux culottes souillées. Penses-tu que je ne vois jamais de culottes souillées quand je commence mon chiffre le matin? Et non, je ne me plains pas, je comprends que ça se peut, puisqu’il n’y a pas encore de minuterie sur la vessie des gens…) !!!

– Plainte d’un autre chiffre que le vidage des poches de linge souillées ou le remplissage n’ont pas été fait. (Ben non! Je n’ai pas eu le temps aujourd’hui! C’est rare mais ça arrive. Câline… Mes patients ont été prioritaires! J’espère, moi aussi, que ça ira mieux demain !!!)

-.Affirmation d’une collègue à une autre lorsque j’ai travaillé dans un département où je n’étais pas habitué du tout et qui demande des soins particuliers. «Ha non! Ils nous envoient toujours des petites nouvelles qui sont pas habituées, j’suis assez tannée»! (Yououuu!! je suis là! Que c’est agréable de commencer une journée avec un bel accueil comme ça !!! Surtout quand j’ai angoissé toute la nuit à l’idée d’être obligé d’aller travailler à un endroit où je ne suis pas à l’aise du tout et que j’appréhendais déjà ce genre d’attitude ! Je me demande bien pourquoi…)

-.Phrase que j’ai entendue trop souvent dans plusieurs départements, sauf dans mon département habituel où mes collègues me connaissent bien. « ELLE EST OÙ MA PRÉPOSÉE ? » ou encore « Heille! C’est tu toi ma préposée ? Viens ici j’ai besoin ! » (Heu… J’ai un prénom moi aussi et il est encore plus beau que « ma préposée »! De plus, je ne t’appartiens pas! Nous sommes une équipe de 3. Serait-il possible de retenir mon prénom qui est écrit au tableau ?!! Au pire, écris-le sur ton bras si tu n’as pas de mémoire…)

On tente d’apprendre aux enfants le respect, l’acceptation, la compréhension, la communication, bref, rendu en milieu de travail est-ce que l’on pourrait appliquer ces belles valeurs? Croyez-moi, L’harmonie et la qualité du travail accompli commence par tout ceci…

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je me suis épuisée à vouloir satisfaire à tout le monde dans ce que je croyais être « Ma Vocation ».

La petite goutte qui a fait déborder le vase maintenant…!

Je suis monoparental. Je n’ai pas de mère ou belle-mère qui est disponible en tout temps, comme bien d’autres, pour s’occuper de mon enfant au besoin. Comme je suis seule avec mon enfant, je ne suis pas assez fortuné pour réserver un budget au gardiennage. Étant disponible sur le chiffre de jour, on exige d’être disponible et de travailler au moins 2 soirs semaine. Je réussis parfois à m’organiser mais là dans ce cas-ci c’était plus compliqué. On me demandait de travailler de soir (dans le département mentionné plus haut où je ne suis pas à l’aise et ne me sens pas la bienvenue) et de rentrer de jour le lendemain. Je tente par tous les moyens de trouver une solution. Je demande un refus de quart. On me dit que selon la nouvelle convention, on ne peut plus faire ça. Je tente d’échanger avec un autre employé, je ne trouve personne et je n’ai pas droit à la liste d’employés. Je demande alors des vacances fractionnées. On me le refuse aussi, je ne suis pas dans les délais. Donc, je demande à la liste de rappel de me proposer une autre solution. Voici la solution que j’ai reçue, sur un ton de voix aussi agréable qu’une gastro : « Trouve toi une gardienne comme tout le monde »!

J’ai démissionné!

NB (Je tiens à ajouter que pendant mes 5 années au centre hospitalier de ma région, j’ai fait des rencontres merveilleuses. Je m’ennuie de mes collègues avec qui j’ai développé une belle complicité, ce qui rendait tout de même l’atmosphère agréable à travailler. Je m’ennuie également de mettre du soleil dans la journée de mes patients. Pour eux, j’étais à ma place, et ils appréciaient ma façon de prendre soins d’eux. Je les remercie, collègues et patients, qui m’ont permis de tenir le coup pendant tout ce temps. Maintenant, je ne suis plus là, mais sachez que je vous appuierai toujours et m’impliquerai à faire reconnaître cette gratifiante vocation !!!

**************

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 09:32

Texte (déposé) de Stéphan Mary Slamé par Le zèbre_La meute Slam 37

La femme subtile au sablier ( Hommage aux Aides Soignantes )

La femme subtile au sablier

Je passe mes nuits à tes côtés

A te regarder travailler
Toi la fille au regard d’acier
La femme subtile au sablier

Tu arpentes les couloirs
Quand la nuit est bien noire
Tu cherches des yeux quelqu’un
Qui te dirait son besoin
De ne surtout pas juger
Et quand tu l’as trouvé
Tu lui fais comprendre
Qu’il faut redescendre
Qu’en bas un lit l’attend
Que tu as tout ton temps

Le ciel peut bien s’écrouler
La terre s’arrêter de tourner
Le temps prendre son temps
Personne ne m’aura avant
Avant que je ne t’ai dit
Combien je suis ton amie

Je suis la faucheuse qui voit
La mort qui guette aux abois
Sur la vieillesse qui sommeille
Mais tu es là et tu veilles

Quand la lumière va s’éteindre
Dans le regard d'une vie à peindre
Ma faux aiguisée ne fermera pas
Les paupières d'une vie à trépas

Je passe mes nuits à tes côtés
A te regarder travailler
Toi la fille au regard d’acier
La femme subtile au sablier

A tes dépends je m’amuse
Tu serais presque ma muse
Toi l’aide-soignante de nuit
Des vieux os dont tu es l’amie

Tu ne tarifies pas tes heures
Tu travailles vaillante sans peur
Et moi qui ne fais que passer
Sincère je dois bien avouer
Devant autant d’abnégation
Pour toi j’ai de l’admiration

Et je ne peux pas m’empêcher
Un simple instant d’imaginer
Qu’avec un peu d’inspiration
Je pourrais t’aimer à profusion

Le ciel peut bien s’écrouler
La terre s’arrêter de tourner

Tu sais que lorsque je frappe à leur porte
C'est fini je suis la mort qui les emporte
Mais ils meurent dans la chaleur de tes bras
T'adressant un dernier sourire ici-bas

Et tu m'agaces je veux voir leur peur
Or tu es là diffusant une lueur
Tu es le contre-pouvoir
Qui repousse la nuit noire

Notre combat nous porte haut
J’ai malgré tout le dernier mot

Toi l’aide-soignante de nuit
Tu es ma pire ennemie
Avec brio tu scrutes
Contre la mort tu luttes
En arpentant les couloirs
A l’aune d'un dernier soir

Je passe mes nuits à tes côtés
A te regarder travailler
Toi la fille au regard d’acier
La femme subtile au sablier

Le ciel peut bien s’écrouler
La terre s’arrêter de tourner
Tu leur évites l'épouvante
Caressant leur main mourante

Un jour nous aurons rendez-vous
Je ne sais pas quand ni où
Mais je te fais la promesse
De te cueillir avec tendresse

Toi la fille au regard d’acier
Oui toi la femme subtile au sablier

Texte (déposé) de Stéphan Mary Slamé par Le zèbre_La meute Slam 37

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 10:27
"La vie des gens" d'Olivier Ducray : résumé et critique

Après 3 ans de réalisation « la vie des gens » a enfin émergé dans nos salles de cinéma ,

Ce documentaire est sur le travail des soignants à domicile,La « vie des gens » se focalise sur le travail de Française qui est une infirmière qui exerce à Lyon ,

J'étais présent à la séance privée au Comoedia de Lyon et je vais vous livrer mes impressions à chaud,

La Hoplatitude

S'il n'y avait qu'un mot pour traduire le film « la vie des gens » se serait « Hop là » que prononce Françoise l'infirmière à moult reprise dans la film,

D'ailleurs,à mesure que le film avance,cette petit interjection qui peut agacer au début ,on s'en amuse par la suite .On comprend que c'est le souffle de vie de l’infirmière entre l'envie et la lassitude,

Ce « Hop là »,c'est l'application du dharma de Françoise,cette respiration verbale qui relève de la vertu et qui donne cet élan quotidien malgré la fatigue accumulée et les difficiles conditions de travail à domicile,

Le magnifique paysage Lyonnais

La vie des gens c'est un contraste entre l'extérieur et l'intérieur,Dans cette immersion, le réalisateur a voulu créer des phases en extérieur,On regarde les magnifiques paysages et architectures Lyonnaise à travers les saisons,Cette ingénieuse astuce de réalisation permet de scénariser le documentaire par étape ,

Les images qui sont secondées par une très agréable bande originale sont vives et monotones

Ainsi,on s'aperçoit que le temps passe et que les conditions de « vie » de ces « gens » changent à mesure que le documentaire avance,

Un dosage subtil

On aurait pu croire que l'infirmière prenne toute la place dans le film et étouffe la présence des patients,

Pourtant,à travers le génie de la réalisation et du caractère assez singulier des patients,le dosage entre les personnages que l'on rencontre et la position de la soignante est une réussite,

Le domicile,un position professionnel particulier

Il y a des limites à ne pas franchir et qui peuvent poser des questions dans ce film,

Par exemple,l'acceptation des cadeaux en nature,A un moment donné,l'infirmière dîne chez ces patients et le langage dans d'autres extraits est parfois assez cru,

On comprend très vite que se sont des phases qui désacralisent le soin et la dépendance que ces personnes âgées ressentent et maudissent,Dans ce documentaire,on est pas dans un cas d'école mais bien de surcroît dans la « vie des gens »,

En tant que spectateur on se sent proche de « ces gens » qui nous ressemblent dans ces moments de tragi-comédies de la vie,

Françoise nous fait comprendre que l'on exerce pas à domicile comme dans un service hospitalier où l'humain est parfois relégué à une pathologie et un acte technique,Aussi paradoxal que se soit les soins à domicile,on prend son temps et l'on voit passer le temps,

A certains passages,on pourrait être gêné quand on observe attentivement les conditions de vie et cette misère sociale ,C'est à ce moment que l'infirmière Françoise devient discrète ou désacralise l'instant,

Françoise est déjà une infirmière aguerrie qui a 36 ans de métier et on ne peut que s'émerveiller du positionnement professionnel particulier qu'elle a su acquérir durant son exercice,

Ainsi,l'infirmière nous fait entrer dans cette nouvelle dimension du soin à travers ce documentaire,

Comme l'affiche du film ,nous l'avait prédit ou comme certains patients la surnomme« la flèche » ou l »l'étoile filante » Françoise nous emmène dans ces tranches de vie à travers sa trottinette qui est une frasque de sa candeur enfantine et de sa joie de vivre ,

Il n'y a pas de voyeurisme dans ce documentaire et les patients nous expose sans concessions leurs philosophies de vie,

Nu de toute expérience de ces métiers à domicile si particulier ,on suit cette « vie des gens » et l'on ne voit pas le temps passer à travers les saisons Lyonnaise,On ne ressort pas indemne d'une telle expérience cinématographique,

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 17:12

Marisol Touraine dans "On n'est pas couché" qui assume ces emplois fictifs et méprise les soignants qui se lèvent tôt pour leurs patients

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 14:16

Les thèmatiques choisient sont toujours un peu caricatural (spoliation,maltraitance,abus de faiblesse sur personne vulnérable...).Enfin,il est vrai que notre profession nous expose à ses problématiques avec notre public.

 

Ma mère se fait racketter

résumé : La mère d'une patiente se fait racketter.Les soupçons se portent sur Tumba,l'Aide Soignant...

 

 

Mon aide soignante m'a spolié

résumé : George reprend vit grâce à Cynthia son Aide Soignante... 

 


 

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 08:25

Un court métrage sur le suicide des personnes âgées.Très bon court ,très réaliste.
Il a été réalisé par des étudiants de l'IFSI STELL RUEIL MALMASON dans le cadre d'un exposé en santé publique .

 


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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 14:12

 les-tensions-sociales-s-accentuent-a-pole-emploi.png

 

Je ne sais pas si vous regardez les offres d'emploi mais aujourd’hui par curiosité, j’ai regardé les offres de la région Rhône Alpes sur le site du Pôle Emploi.J'ai été étonné d'en constater le contenu.

De ce fait, je vous ai mis les 3 photos des annonces de 3 offres différentes :

Une 1er offre dans une résidence pour personnes âgées à Lyon 8ème.

La 2ème c'est un appel d'offre pour un client.

La 3ème offre c'est en géronto-psychiatrie à l'Arbresle.

 

La 1er offre (en résidence Alzheimer) :

 

C’est bien parti avec cette 1er offre,les horaires sont bien indiqués et détaillés.C’est des horaires classique.

Ce qui est par contre dommage c’est que le nombre de résidents même approximatif  n'est pas donnés.Apparemment se sera la surprise du chef ...

Je commence à me méfier quand je remarque que dans l'offre on passe d'une résidence pour personne âgée à Alzheimer.Je me demande si le Cantou ne se cache pas dans la forêt de cette offre.

Cela se précise qu’en a un moment il demande d'être ASG.Donc on est Aide Soignant mais pas assez spécialisé... Il faut venir avec un kit ASG comme ceux vendu chez IKEA..Ils ne disent pas non plus s'ils peuvent nous payer une formation complémentaire pour ce que je me doute que se soit une annonce dans un « Cantou » déguisé.

La rémunération est de 10,07 euros..Houlà 0,07 euros quelques centième de centimes de plus pour dépasser le Smic horaire.

J’espère qu’à ce prix les chaussures de fonction sont offertes…

On comprend très vite qu'ils sont proche de leur sou sou.D'ailleurs,on ne sait pas si c'est du brut ou du Net...Le grand flou règne et dans un éventuel entretien il faudra vérifier le poste et surtout le salaire. 

(Cliquez sur l'image pour voir l'annonce)

offre-AS.jpg

 

La 2ème offre ( un appel d'offre d'un mystérieux client) :

 

C'est le genre d'annonce dont on comprend qu'il y aura plusieurs intermédiaires.L'annonce est agressive et écrit en gros.On voit que c'est une boite à fric.Chaque plus-value se fera sur le nombre de CV amassés.

Que vous aillez le poste ou non,cela leur importe peu.Vous serez fiché puis revendu sur le marché de l'intérim.

Vous serez sûrement contacté par téléphone ou par mail pour qu’il vérifie que ce n’est pas un CV fictif comme leur annonce.Si vous êtes chanceuses vous aurez l’honneur d’avoir un rendez-vous avec la promesse qui fait déclic dans votre désespoir :« Mme l’Aide Soignante ,on a un poste à vous proposer » mais vous ne serez confronté comme Don Quichotte à un moulin à vent .

Le seul but de ce genre de boites c’est de vérifier vos connaissances avec un test alors que vous êtes quand même Diplômé d’Etat et au passage il enregistre votre diplôme pour vous proposez si la conjoncture le permet une journée de travail dans un coin paumé que même le plus désespéré des aides soignants ne voudrait pas pour son pire ennemie de promotion.

Je passe sur les détails comme le salaire qui n'est pas donné.De toutes les façons ce n’est pas une offre d’emploi .

Une offre pour une Aide Soignante désespérée...

 

(Cliquez sur l'image pour voir l'annonce)

offre-AS2.jpg

 

La 3ème offre ( en clinique service géronto-psychiatrie ) :

D’emblé ce qui est dommageable à cette annonce,c’est que le nombre de lits et le roulement est donné mais pas les horaires.

L’annonce perd en crédibilité puisqu’il me laisse penser qu’il faudra être flexible au maximum.
Par la suite ils nous énoncent que c’est un travail sur 10h .Donc ils mettent en avant les repos,les petits malins ..Ils savent prendre les aides soignantes par les sentiments.

Je dois dire que par expérience c’est à ce moment clef où il faut faire le plus attention que se soit en lisant une annonce ou lors d’un futur entretien.
Voilà ,on y est. J’ai déjà trouvé l’arbre qui cache la forêt dans cette annonce .L’Armageddon est déclaré.Les 3K de la seconde guerre mondiale reviennent ( Kinder, Küche, Kirche ) sont remplacés dans l’annonce par l'E.D.A (expérimenté(e), dynamique et adaptable) « IMPERATIVEMENT » .Apparemment,il faudra marcher au pas Messieurs et Dames les Aide Soignant(e)s.On sent déjà le profile de la direction et des ressources qui ne sont que très peu humaines.

En effet,il faudra être dynamique pour se bouger l’arrière train pour un salaire de 1600 euros dont on ne sait toujours pas si c'est du Brut ou du Net.
Si ce « magot » de 1600 euros se révélait être du Brut pour 10h de travail de nuit se serait vraiment un salaire minable surtout pour endosser les responsabilités du poste Aide Soignant en géronto-psychiatrie.La participation aux actions de la bourse du groupe en fin d’offre me fait tout de suite comprendre que c'est une boite à business.

 

(Cliquez sur l'image pour voir l'annonce)

offre-AS3.jpg 


Vous l’aurez compris,il faut savoir faire le tri dans les annonces.Certaines annonces qu'elles proviennent du site de pôle emploi et bien d'autres sites sont complètement malhonnêtes.Les annonces ne sont pas assez claires et détaillés et ne donnent pas le salaire net.Il faut toujours calculer et vérifier par soi-même.  

Il ne faut pas se gêner à négocier le salaire quand les horaires et les responsabilités sont lourdes à endosser.

Les employeurs comme leurs annonces tronqués essaieront de vous gruger en vous faisant croire qu’ils ont une pléiade de CV pour leur merveilleux poste mais c’est souvent du bluffe.

Le travail des Aides Soignants doit être valorisé par la reconnaissance des spécificités de notre métier.

Cette reconnaissance passe par un salaire décent et que le revenu notre travail nous soit acquis bien avvant des actionnaires peu scrupuleux qui gagnent de l’argent en bourse sur notre dos sans rien apporter aux patients.    

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 20:36

lila-maternite.jpg

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 10:28

Un bébé pratique une réanimation cardio-pulmonaire ^0^.Ce bébé sera une future soignante,je sens que c'est dans ses gênes .

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 21:51

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Une infirmière en soins palliatifs a enregistré les regrets les plus courants de mourants et a mis ses découvertes dans un livre intitulé "Les cinq plus grands regrets des mourants". Il n'est pas surprenant de voir ce qui constitue la liste car ce sont des choses faisant partie de la vie de chacun d'entre nous si nous y prêtons attention et prenons le temps de faire ce qui nous tient vraiment à cœur. Ci-dessous se trouve la liste de tous ces regrets extraite du livre.

 

Une chose à propos de la notion de regret avant d'arriver à la liste. Il est important de se rappeler que quel que soit le stade de notre vie, le regret n'est pas indispensable. Le processus du regret est l'un de ceux qui ne nous procure que de la souffrance si nous commençons à permettre au passé de dicter la manière dont nous devrions nous sentir aujourd'hui. Nous pouvons à la place utiliser le passé comme une référence pour comprendre quels ajustements nous aimerions faire pour avancer. Les ajustements ne doivent pas découler de douleurs, de tristesse, de regrets ou de jugements, mais simplement du choix de faire les choses différemment. Nous apprenons en permanence, nous pouvons très rapidement affaiblir ce processus d'apprentissage en restant coincé dans l'idée de regret. Quand il s'agit de faire des changements, soyez en paix avec le passé et rappelez-vous que chaque instant est un nouveau choix.

 

 

1. J'aurais bien aimé avoir eu le courage de vivre ma véritable vie, et non pas celle que les autres attendaient de moi.

 

"C'est le regret le plus commun de tous. Quand les gens se rendent compte que leur vie est presque finie et en font une claire rétrospective, il est facile de voir combien de rêves n'ont pas été réalisés. La plupart des gens n'avaient même pas honoré la moitié de leurs rêves et ils allaient mourir en sachant que cela était dû aux choix qu'ils avaient fait, ou qu'ils n'avaient pas fait. La santé procure une liberté dont très peu se rendent compte, jusqu'à ce qu'ils ne l'aient plus".

 

 

2. J'aurais dû ne pas travailler si dur.

 

"C'est sorti de tous les patients de sexe masculin dont je me suis occupée. Ils ont négligé leurs enfants dans leur jeunesse et n'ont pas profité de la compagnie de leur partenaire . Les femmes ont également évoqué ce regret, mais comme la plupart étaient d'une génération plus ancienne, la plupart des patientes n'avaient pas été soutien de famille. Tous les hommes que j'ai soigné regrettaient profondément d'avoir passé une trop grande partie de leur vie dans le train-train d'une existence de travail".

 

 

3. J'aurais bien aimé avoir eu le courage d'exprimer mes sentiments.

 

"Beaucoup de personnes ont étouffé leurs sentiments pour rester en paix avec les autres. En conséquence, ils se sont contentés d'une existence médiocre et ne sont jamais devenus ce qu'ils étaient vraiment capables de devenir. Beaucoup ont développé en conséquence des maladies liées à l'amertume et au ressentiment qu'ils portaient en eux ".

 

 

4. J'aurais dû rester en contact avec mes amis.

 

"Ils n'avaient souvent pas véritablement pris conscience du grand avantage d'avoir de vieux amis pendant leurs semaines d'agonie et il n'était pas toujours possible de retrouver leur piste. Beaucoup étaient devenus tellement pris par leur propre vie qu'ils avaient laissé tomber au fil des ans des amis en or. De profonds regrets exprimaient le fait de ne pas donner assez de temps à l'amitié et à l'effort qu'elle mérite. Les amis manquent à tout le monde au moment de mourir".

 

 

5. J'aurais dû me laisser aller à être heureux.

 

"C'est un regret étonnamment courant. Jusqu'à la mort, beaucoup de gens ne réalisent pas que le bonheur est un choix. Ils restent coincés dans leurs vieux schémas et habitudes. Le soi-disant 'réconfort' du côté familier des choses se manifeste intensément dans leurs émotions, ainsi que dans leur apparence physique. La peur du changement leur font jouer la comédie du bonheur aux autres et à eux-mêmes, alors qu'au fond d'eux, ils rêvent toujours à juste raison de rire et de dire des bêtises. "

 

Source : BBB;collective-evolution

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Published by aide soignant
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