Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 14:22

200527068-001.jpg

Je suis élève infirmière et je suis en train de mourir. J'écris cette lettre pour vous toutes qui vous préparez à devenir soignantes, dans l'espoir de vous faire partager ce que je ressens, afin qu'un jour vous soyez peut-être mieux capables d'aider les mourants.

 

J'ai encore entre un et six mois à vivre, un an peut-être, mais personne n'aime aborder ce sujet. Je me trouve donc en face d'un mur qui est tout ce qui me reste. Personne ne veut voir le malade mourant en tant qu'être humain et par conséquent ne peut communiquer avec moi.

 

Je suis le symbole de votre peur, de ce que nous savons pourtant que nous devrons tous affronter un jour. Ne nous disait-on pas, dans les cours de psychologie, que si on approche la pathologie du mourant avec sa propre pathologie, cela ne peut que nuire à la relation d'accompagnement ? Et que pour pouvoir être au clair avec l'autre, il faut connaître ses propres sentiments ?

 

Vous vous glissez dans ma chambre pour me porter mes médicaments ou prendre ma tension, et vous vous éclipsez une fois votre tâche accomplie. Est-ce parce que je suis élève infirmière que j'ai conscience de votre peur et sais qu'elle accroît la mienne ? Pourquoi avez-vous peur ? Après tout, c'est moi qui meurs !

 

J'ai conscience de votre malaise, que vous ne savez que dire ni que faire. Mais croyez-moi, vous ne pouvez pas vous tromper en montrant de la chaleur humaine. Laissez-vous toucher. C'est de cela que nous avons besoin, nous les mourants. Nous pouvons vous poser des questions sur l'après et le pourquoi, mais nous n'atten­dons pas vraiment de réponse. Ne vous sauvez pas, j'ai simplement besoin de savoir qu'il y aura quelqu'un pour me tenir la main, le moment venu. J'ai peur. La mort est peut-être devenue une routine pour vous, mais à moi, ça n'est encore jamais arrivé. Pour moi, c'est un moment unique.

 

Vous parlez de ma jeunesse; mais quand on est en train de mourir, on n'est plus tellement jeune. Il y en a des choses dont j'aimerais parler. Cela ne vous prendrait pas tellement plus de temps car, de toute façon, vous en passez pas mal avec moi.

 

Si nous pouvions seulement être honnêtes, admettre nos peurs, nous toucher mutuellement. Votre professionnalisme serait-il vraiment menacé si vous alliez jusqu'à pleurer avec moi ? Est-il vraiment exclu que nous communiquions vraiment pour qu'à l'heure où ce sera mon tour de mourir à l'hôpital, j'aie auprès de moi des amies ?

 

Célèbre lettre, anonyme, écrite en février 1970.

Son original est paru (en anglais) dans "The American Journal of Nursing Company."

Partager cet article

Repost 0
Published by aide soignant
commenter cet article

commentaires

Corbiere Beatrice 04/03/2015 21:02

J'ai été très ému par cette lettre je lisait et plus j'allais vers la fin des larmes coulaient j.aurais aimé lui tenir la main et il y a du vrai cet peur que tout le monde a cacher derrière un sourire et tourner le dos pour évité de regarder

beatrice 04/03/2015 21:33

Je te souhaite bon courage.demain je vais marcher sur les chemins de Compostelle je penserais a toi a chaque pas fais.bises et a bientôt peut être .

RAZANAMAHAY-SCHALLER Johanne 11/07/2014 22:33

Comment se fait-t-il que les réponses soient si rapides ? Est-ce une machine alors qui s'exprime ? Cela change tout ! ^_^

mariefrançoise chantoiseau milner 30/01/2015 21:20

QUE DE BELLES PAROLES, QUE DE BEAUX GESTES, E SUIS UN PEU EGOISTE ENVERS VOUS CAR C'EST BEAU ET VOUS PARLER SERAIT BEAU AUSSI POUR VOUS, MAIS JE NE SAIS QUE DIRE. COURAGE ET BONEUR PARTOUT OU VOUS SEREZ

RAZANAMAHAY-SCHALLER Johanne 11/07/2014 22:31

Hello !

Tout d'abord,c'est parce que j'ai été touchée que j'ai accepté cette information sur une de mes pages facebook. Car je suis d'accord sur le fait que nous devons tous nous humaniser pour pouvoir
assumer le divin qui est en chacun de nous et cesser d'avoir peur de la mort qui n'est qu'un passage. Malgré le fait qu'il est si bon de vivre, de sentir le toucher, de voir vivre les arbres et les
fleurs, les océans et les montagnes, les animaux et les êtres humains... Sans oublier de mentionner le Soleil lorsqu'il se lève et se couche, les étoiles et la voie lactée, la lune se levant à
l'horizon ou se couchant sur une surface d'eau... Etc...

Cependant, deux attitudes me choquent ici votre histoire :
1/ - Le fait que vous ne luttez pas pour survivre ! Je ne vois aucune démarche vers d'autres voies pour se guérir.. Pourtant je vous sens avoir la force...
2/ - Le fait que vous focalisez sur ce qui n'est pas, ce qui n'est pas fait au lieu de porter votre attention à ce qu'il a et est, même timide et simple... Comme si le fait de mourir donne le droit
de juger !

J'aimerai vous connaître mieux pour pouvoir apprendre de vous l'art de faire mieux, l'art d'aimer.

Je tiens très fort à vous comme à tous ceux qui vont mourir car nous sommes membre d'une même famille et sommes formés d'un seul corps.

JE VOUS AIME. JE NOUS AIME.

MERCI DE ME REPONDRE. SI VOUS LE POUVEZ !SINON VOUS ÊTES DANS MON COEUR ET CE A JAMAIS !

eliane piergiovanni 30/06/2014 10:53

bjr je te souhaites un prompt rétablissement,et jépères que tu gardes le moral si tu veux parler je serais toujours à ton écoute ,je te souhaites de passer une très bonne journée bisous à + de te
relire

rita chantraine 29/06/2014 09:36

je suis aide soignante,moi mème,j'ai accompli mon métier(ma vocation plutot) avec mon coeur,et je viens de perdre ma fille carine et c'est terrible. je sais que j'ai fais mon travail avec
passion,comme j'ai tenu la main de ma fille jusqu'au bout